Saint-Charles-Garnier
(1605 – 1649)
Né à Paris en 1605, Charles Garnier étudia au Collège de Clermont. Après son noviciat, Charles étudia pendant trois ans la philosophie, enseigna les humanités à Eu pendant trois autres années, puis aborda la théologie. En 1636, il fut ordonné prêtre chez les Jésuites et fut désigné pour les missions de la Nouvelle-France. Mais les Jésuites attendaient le consentement de son père pour son départ. Finalement, M. Garnier donna son consentement et le Père Charles fit voile vers la Nouvelle-France, en compagnie du Gouverneur M. de Montmagny et du Père de Brébeuf.
Trois semaines après son arrivée, le Père Garnier partait pour la Huronie; il y vécut 13 ans et ne revint jamais à Québec. II arriva en Huronie au moment où la méfiance et la calomnie rendaient la vie précaire pour les missionnaires. L’intrépidité et le courage parvinrent à assainir ce climat. Le Père Garnier et le Père Gareau fondèrent deux postes missionnaires: Saint-Matthias (aujourd’hui Standing Rock) et Saint-Louis (près de Singhampton). En 1648, le Père Chabanel vint prêter main forte.
L’année 1648 fut tragique: elle annonçait le début de l’agonie de la nation huronne qui venait de s’ouvrir à l’Evangile. Les événements malheureux se succédèrent pendant trois ans: destructions de villages, massacres des saints Antoine Daniel, Jean de Brébeuf et Gabriel Lalemant, abandon et destruction volontaire du fort Sainte-Marie, fuite à l’île Saint-Joseph, puis émigration à Québec.
En novembre 1640, deux Hurons, évadés des prisons iroquoises, répandent la nouvelle qu’une grande offensive se prépare. Les Iroquois hésitent encore et se demandent s’ils vont attaquer ou faire l’assaut de I’île Saint-Joseph. Les Hurons coalisent leurs forces et attendant les Iroquois qui, las d’attendre, vont à la rencontre de l’ennemi. Les Iroquois ont capturé quelques prisonniers au bourg Saint-Louis et les ont fait parler, ils apprennent que le village est presque vide, car les guerres sont en campagne. À Saint-Louis, le Père Garnier est le seul missionnaire, puisque le Père Chabanel vient d’être rappelé à l’île Saint-Joseph.
Quand les Iroquois se ruèrent sur le village, le Père Garnier enseignait le catéchisme dans une cabane; c’était le 7 décembre 1649. Il se rendit à l’église et invita les chrétiens à fuir dans la forêt. Il visita ensuite les cabanes pour une dernière absolution et baptisa ceux qui l’attendaient encore. Il était absorbé par ses tâches apostoliques quand il fut aperçu par les Iroquois. On fit feu sur lui: une balle dans la poitrine et une autre dans l’aine. Un assaillant lui enleva sa soutane et le laissa « nageant dans son sang ». On vit ses derniers gestes: il se leva péniblement, s’absorba dans la prière les mains jointes. Le Père Garnier aperçut alors un Amérindien qui était à l’agonie, à quelques pas de lui. Rassemblant ses forces, il tenta de se rapprocher de lui et s’écroula par trois fois, à bout de forces. Il se reprit encore et s’approcha de l’Amérindien mourant; un Iroquois lui appliqua deux coups de tomahawk sur les tempes.
Quand on enterra son corps en décembre 1649, les Jésuites gardèrent les os de sa jambe brisée. Ce qui reste du péroné de saint Charles Garnier est conservé à l’Hôtel-Dieu de Québec. Cinq paroisses sont dédiées à saint Charles Garnier au Canada.
Soyons fier(e)s du patron de notre école. Ainsi, ce saint martyr a non seulement marqué notre patrimoine, mais a aussi inspiré la fondation de notre école.










